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Cartes vectorielles

Les cartes vectorielles ne sont pas issues d’une simple numérisation des cartes papier. L’ensemble des symboles clés caractérisant la carte sont stockés sous forme d’objet auquel on peut associer des caractéristiques particulières pouvant être interprétées par le programme de navigation. On dit parfois que ces cartes sont « intelligentes » dans la mesure où elles peuvent être interprétées par les logiciels de navigation et permettent des fonctionnalités telles que le masquage de certaines catégories d’objets…

Les principaux avantages des cartes vectorielles:

  1. L’espace mémoire nécessaire est beaucoup plus limité. C’est uniquement ce type de carte que l’on trouve dans les lecteurs de cartes…
  2. Il y a possibilité de masquer certains types d’objets.
  3. La fonction zoom est souvent plus claire que pour une carte matricielle. Ceci a aussi pour inconvénient de laisser penser que l’agrandissement effectué est pertinent ce qui n’est pas toujours le cas et dépend de l’échelle de la carte papier qui a été utilisée.
  4. C’est le format qui sera utilisé dans l’avenir (S57) et qui permettra des fonctions avancées telles que la prise en compte de la profondeur instantanée en fonction de la valeur de sonde de la carte, de l’état de la marée et de la pression athmosphérique.

Leurs deux seuls « inconvénients » sont qu’elles ne sont au départ pas familières (elles n’ont pas la même apparence que les cartes papier officielles) et qu’il y a un risque d’erreur plus important dans les produits de qualité médiocre dans la mesure où leur cycle de fabrication est plus complexe que celui des cartes Raster..

Le format S57

C’est le format international de référence adopté par l’ensemble des services hydrographiques mondiaux pour échanger des cartes. Ce sont à l’heure actuelle les seules cartes pouvant effectivement remplacer les cartes papier sur les navires de commerce. Ces cartes sont aussi appelées ENC (Electronic Navigational Card), mais ce nom n’étant pas déposé, il peut être aussi utilisé par des organismes privés.
Ces cartes sont donc conçues avec une forte implication des services hydrographiques nationaux. Leur degré de précision est le même que celui des cartes papier et elles ont les avantages des cartes numériques, on pourra citer par exemple:

  1. La possibilité de disposer de la profondeur en fonction des hauteurs de marée, cette information étant stockée sur la carte numérique
  2. Définition de zone d’alarme en fonction d’informations spécifiques stockées sur la carte
exemple de carte au format S57
Carte au format S57

Les politiques commerciales dépendent vraiment des états, ainsi il est possible de télécharger gratuitement l’ensemble de la côte des Etats Unis au format S57 sur le site http://nauticalcharts.noaa.gov/MCD/enc/index.htm

En Europe, la diffusion des ENC et  leur mise à jour sont confiées à des centres régionaux de coordination des ENC (RENC). Il existe deux RENC en Europe : PRIMAR Stavanger https://www.primar.org/ et IC-ENC. Le problème est que ces cartes sont à l’heure actuelle vendues sous forme d’abonnement avec des mises à jour hebdomadaires à un prix prohibitif  pour le plaisancier. Il faut compter au moins 12 euros pour l’équivalent d’une carte papier avec des informations de mise à jour  limitées à une période de six mois (il faut ensuite se réabonner pour le même prix pour disposer des mises à jour de la période suivante). Ce prix est donc bien au dessus de celui des cartes numériques privées.

Le format de commercialisation des cartes ENC en Europe fait qu’elles sont adaptées
aux bateaux de commerce mais pas aux plaisanciers.

D’autre part, la norme d’échange des données hydrographiques numériques de l’OHI, S57, est conçue pour la distribution de données hydrographiques numériques (dont les ENC). Néammoins, ce n’est pas la méthode la plus efficace de manipulation ou de préparation de données pour leur affichage et leur exploitation. Chaque fabricant de système ECDIS (système de visualisation de cartes électroniques et d’information) est libre de créer ses propres formats d’archivage ou structures de données pour que son système réponde aux exigences de fonctionnement, cette base est appelée le Système ENC (SENC). Un article du Shom explique bien les différents composants de cette norme.

Les éditeurs privés

La plupart des éditeurs privés ont des formats propriétaires qui les rendent compatibles avec un plus ou moins grand nombre de logiciels de navigation. Voici les principaux acteurs de ce marché.

C-map: cette compagnie norvégienne existe depuis 1996. Le format de cartes distribuées intègre et impose donc le format d’archivage (cf chapitre ci dessus), en ce sens, ces cartes  ne respectent pas la norme S57 mais étant donnée leur popularité, elles sont supportées par de nombreux logiciels de Navigation et des  ECDIS. Il faut aussi noter que le SENC (façon de stocker les données…) de C-map a été approuvé par le service hydrographique norvégien.

Navionics: 
Navionics est le concurrent principal de C-map et dipose aussi d’une bonne couverture. Ces cartes sont plutôt distribuées sur des équipements intégrés (lecteur de carte). Seul un nombre limité de logiciels de cartographie PC supporte le format Navionics.
Navionics a récemment passé un accord de partenariat avec Chartworld (société allemande filiale de SevenCs leader dans le développement d’ECDIS ). La couverture de ces cartes au format S57 est bonne mais la stratégie commerciale peu adaptée au plaisancier.

Livechart: ces cartes sont uniquement compatibles avec le logiciel seapro. Elles sont obtenues grâce à des données utilisées pour les cartes S57 officielles. la zone de couverture est limitée à certains pays d’Europe et la qualité est bonne.